Ce que j’ai fait du placenta de ma fille.
Ayant vécu deux accouchements en maternité, je n’ai pas eu le plaisir ni l’envie de voir le placenta qui a permis à mes bébés de grandir en moi. Puis, j’ai commencé à m’intéresser à cet Arbre de Vie en parallèle du monde merveilleux de la grossesse et aux capacités de mon corps à enfanter.
Le placenta est un organe qui se développe dans l’utérus pendant la grossesse. Il fournit l'oxygène et les nutriments à notre bébé en pleine croissance et élimine les déchets du sang de notre bébé.
La première fois que j'ai entendu parler de la délivrance lors d'un accouchement, je ne savais pas ce que cela voulait dire. Pendant ma première grossesse je ne me souviens pas qu'on m’ait détaillée le rôle et l'aspect du placenta. Le clampage tardif ? Je ne savais pas à quoi cela servait. En plongeant dans le monde de la maternité, j'ai commencé à m'y intéresser. Je suis loin de tout savoir sur cet organe mais j'ai au moins appris à le connaître. Désormais, je sais que la délivrance vient après l'expulsion du bébé. C'est justement une fois le bébé sorti et le placenta délivré que la naissance prend réellement fin. Le clampage tardif est le fait de laisser le sang circuler du placenta au bébé. Si l'on attend que tout le sang présent dans le placenta soit transféré, le cordon arrête de battre tout seul et devient blanc. Donc plus on clampe tardivement, plus le bébé recevra le dernier sang du placenta. Je peux aussi vous dire que pour faciliter la délivrance il faut un shoot d'ocytocine, cette hormone de l'amour. Ce shoot vous l'obtenez en découvrant votre bébé qui vient de naître ou lors de la tétée d'accueil entre autre (ou une injection d’ocytocine protocolaire dans les maternités).
On peut faire plusieurs choses avec ce placenta. On peut ne pas couper le cordon et faire ce que l'on appelle un bébé lotus : le bébé restera accroché à son placenta jusqu'à ce que le cordon sèche et tombe de lui-même. On peut aussi le consommer, comme beaucoup de mammifères, c’est ce qu’on appelle la placentophagie. On peut l’ingérer sous différentes formes, en gélule, en smoothie, cru, cuit etc... Ce qui peut permettre de diminuer les risques de dépression post-partum, d’augmenter la production de lait, d’améliorer l’humeur ainsi que d’augmenter son fer et bien d’autres choses.
Pour mon troisième bébé j'avais envie de le découvrir, de l'observer, de l'honorer. Dans mon projet de naissance j'avais noté vouloir le récupérer ; pour en faire une empreinte afin de pouvoir le garder auprès de moi et le planter sous un arbre. Dans la maternité où j’étais inscrite, l'empreinte était possible mais la conservation non car cet organe de vie est considéré comme un déchet...
Mais pour ce troisième bébé, mon projet était d'accoucher à la maison, ce que j'ai fait. Et quelle fierté de l'avoir fait. Lors de cet AAD (Accouchement A Domicile), j'ai été accompagné par une sage femme et une doula. Dans ces conditions, le placenta est considéré comme tout sauf un déchet. Lorsqu'il a été délivré, nous l'avons observé, touché et réalisé un clampage tardif. Puis la doula à réalisé son empreinte avant de le garder au congélateur en attendant de pouvoir le planter.
Nous voilà aujourd'hui, six mois plus tard, dans une autre maison, un autre département et le placenta qui nous a suivi lors de ce déménagement.
J'ai trouvé l'arbre protecteur de ma fille d'après le calendrier celte. Il s’agit du noyer. En effet pour les Celtes, les arbres étaient sacrés, ils les pensaient habités par les dieux.
Aujourd'hui nous avons donc sorti le placenta du congélateur, nous l'avons redécouvert, toujours aussi beau. J'ai expliqué de nouveau son rôle à mon aîné, toujours heureux d'apprendre sur les sujets de la naissance et de l'allaitement.
Ensuite, nous avons remercié le placenta d'avoir fait grandir notre bébé et nous l'avons placé en terre à 6 mains. En attendant de lui trouver sa place définitive dans un jardin, il restera en pot et sera choyé.
Longue vie à cet arbre qui grandira aux côtés de ma fille.